En 1830 les Français débarquent dans la Régence d’Alger. Si la conquête en soi ne concerne que le territoire de l’actuelle Algérie, le choc colonial, tel un séisme, touche tout le Maghreb. La frontière entre le Maroc et …
Voir plus
En 1830 les Français débarquent dans la Régence d’Alger. Si la conquête en soi ne concerne que le territoire de l’actuelle Algérie, le choc colonial, tel un séisme, touche tout le Maghreb.
La frontière entre le Maroc et la Régence d’Alger n’est que théorique. De part et d’autre, les tribus vivent à cheval entre les deux pays. L’arrivée des Français va chambarder des habitudes centenaires. Face à ce danger exogène, le jihad s’enclenche dans l’Empire chérifien. Makhzen comme tribus dissidentes vont aller faire le coup de feu en Algérie. Cette rébellion, de surcroît fomentée et organisée par un Etat, est loin de plaire à Paris. En une décennie, les conditions se détériorent.
Ainsi en 1844, sous le commandement du général Bugeaud, l’armée chérifienne est défaite à Isly. C’est une première pour le Maroc depuis la bataille des Trois rois. Le pays ne s’en remettra plus. Seize ans plus tard, un scénario identique se répète. Cette fois-ci contre l’Espagne. Le Maroc est de nouveau défait à Tétouan. Certains voient dans Moulay Mohammed un sultan portant la poisse.
Après deux déconfitures militaires en deux décennies, l’Empire chérifien se doit de rembourser les dettes abyssales contractées. Ces redevances permettent la pénétration progressive de l’Europe, portée par un capitalisme débridé. Les Sultans successifs, Moulay Abderrahmane, Moulay Hassan et Moulay Mohammed vont tenter de retarder cette pénétration en jouant des tensions entre puissances occidentales et en essayant de moderniser un pays aux structures moyenâgeuses. Mais les dés étaient jetés et l’Europe, tel des loups devant une bergerie, attendait le moment opportun pour festoyer.
Voir moins